26 ans !

26 ans, Vottem, je ne l’accepte toujours pas !

Pourquoi lutter contre les centres fermés et les expulsions ?

Il y a 26 ans, en mars 1999, le Gouvernement belge ouvrait le centre fermé pour étrangers de Vottem. Aujourd’hui, il existe en tout 6 centres fermés pour étrangers en Belgique ; actuellement, celui de Vottem est le seul en Wallonie. En 2023, les centres fermés totalisaient une capacité théorique d’environ 700 places.  En 2023, 8.429 personnes ont été éloignées de Belgique: 3.383 à partir d’un centre fermé par une expulsion forcée, 1.843 refoulements ( détentions immédiates  en vue d’une expulsion dès l’arrivée à la frontière) , 3.107 départs « volontaires » (sous pression), 96 transferts interétatiques (Source : Rapport d’activités de l’Office des Etrangers 2023). Le Gouvernement prévoit l’ouverture de nouveaux centres fermés : à Jumet, à Zandvliet, et un autre à Jabbeke qui remplacerait celui de Bruges. Le but: augmenter encore le nombre de retours forcés. Ce durcissement de la politique migratoire de l’État belge témoigne de sa  contamination par les idées de l’extrême-droite.

Nous n’acceptons pas :

Le renvoi vers leurs pays d’origine des personnes exilées alors qu’elles ont fui des persécutions de toutes sortes, qu’elles soient politiques, racistes, sexistes ou homophobes etc.. Ou encore la guerre, les conséquences du réchauffement climatique, la misère liée à l’exploitation.  Beaucoup n’ont pu obtenir un titre de séjour en Belgique, à cause de la politique restrictive de l’État belge en matière d’asile, mais aussi d’accès au regroupement familial, d’obtention d’un permis de travail ou d’un séjour étudiant etc.

La détention sur simple décision d’une administration (l’Office des Etrangers) : il ne s’agit pas d’une ordonnance judiciaire, ni d’un délit, mais d’un enfermement arbitraire, contraire aux Droits Humains. 

La violence exercée à l’égard de ces personnes enfermées : les centres fermés ont comme objet la mise en œuvre du processus d’expulsion, tout est organisé pour briser la résistance à celle-ci. Dès qu’une personne détenue proteste contre les conditions de détention ou se montre opposée à son expulsion, elle se retrouve au cachot -prison dans la prison-, ou en isolement, cachot déguisé !  La réalité des centres fermés, ce sont aussi des  suicides et des décès de personnes mises au cachot alors qu’elles sont dans une situation de santé préoccupante. Ce sont des insultes, des tortures, des coups, portés au paroxysme au moment de l’expulsion.

La maltraitance : la grève du personnel du centre fermé de Vottem en décembre 2023 a mis en lumière des conditions sanitaires et de vie déplorables non conformes à la dignité humaine. Dans les centres fermés se trouvent aussi des personnes malades, vulnérables, dont les soins ne sont pas pris en charge.

La séparation des familles qui devient définitive au moment de l’expulsion : une étude récente de JRS  (Jesuit Refugee Service)  –fiche_familles.pdf – montre que 40% des personnes détenues ont une famille en Belgique, belge, européenne, ou étrangère avec titre de séjour ! Leurs enfants en souffrent quotidiennement, ainsi que leurs parents, leurs conjoint∙es.

Le retour volontaire imposé par des Coachs de l’Office des Etrangers aux  personnes « sans-papiers » convoquées qui, si elles n’obtempèrent pas, sont  menacées de détention et d’expulsion.

L’absence de perspective de régularisation du séjour pour celles et ceux qui ont tissé des liens et construit leur vie ici, et vivent au quotidien dans la précarité et la surexploitation. En novembre 2024 une loi a été votée en Espagne permettant la régularisation de centaines de milliers de personnes sans-papiers, tant sur base du travail possible que sur base des attaches dans le pays :  un autre choix politique est possible !

Le non-hébergement des demandeur.euse.s d’asile, laissé∙e.s pendant des mois à la rue au mépris de toutes les conventions internationales ! On pourrait pourtant consacrer à l’accueil les dépenses exorbitantes de la  politique de détention et d’expulsion : un jour de détention pour une personne coûte 230€ par jour à la collectivité et donc aux citoyens. Le budget pour la construction de nouveaux centres fermés déjà décidé par le gouvernement Vivaldi était évalué à 100 millions d’euros. Chaque jour les expulsions coûtent des milliers d’euros en billets d’avions, frais de voyage et de logement pour les escortes 

Le Pacte Européen sur l’Asile et la Migration qui renforcera l’Europe forteresse avec des centres fermés aux frontières extérieures de l’UE ; ceux-ci  sont aussi prévus aussi pour des familles ! Le 3 mai 2025 le Parlement a voté le déploiement d’agents Frontex en  Belgique! Frontex c’est le bras armé de la politique européenne contre les personnes migrantes, ce sont des garde-frontières chargés de les refouler, comme ils le font quotidiennement en Méditerranée ou ailleurs…

NOS REVENDICATIONS :

La suppression des centres fermés pour étrangers
L’arrêt des expulsions
Une politique d’asile et d’immigration qui respecte les Droits Humains :  en particulier le droit d’asile, le droit de vivre en famille, le droit à la protection sociale, le droit à la vie privée. NON aux visites domiciliaires et aux arrestations des personnes « sans-papiers » !
La régularisation des sans-papiers
La liberté de circulation et d’installation

✊✊✊✊✊ RDV LE 13 AVRIL 2025
➡️13h30 Place Saint-Lambert
➡️15h Enclos des Fusillés
➡️16h Centre fermé de Vottem